Le budget de la Hadopi revu à la baisse

/ Actualité - écrit par Guillaume (), le 05/10/2012

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La Haute Autorité pour la protection Des Oeuvres et la Protection des droits sur Internet (Hadopi) va bientôt devoir composer avec quelques millions de moins pour assurer sa mission.

Le budget de 12 millions en 2010 va prochainement passer à 8 millions. Coup dur pour préserver l'industrie culturelle du piratage ? Rien n'est moins sûr : la riposte graduée n'a généré qu'une seule amende cet été (moins de deux cents euros), et on sait depuis toujours que la façon d'identifier les pirates était sujette à caution.

D'ailleurs, ce n'est pas le fait de télécharger qui est reproché, en tout cas pas de façon directe. C'est le fait d'avoir laissé sa connexion internet non protégée. Comme ça, on ne vous insulte pas directement, et en plus on n'a pas besoin de prouver que c'est vous qui avez téléchargé. Mais simplement que le faisceau d'indice montre que quelque chose est passé par votre connexion (et quand on sait comment il est facile de générer de fausses ips, on prend peur à être pris en flagrant délit pour quelqu'un d'autre).

Est-ce que l'action de la Hadopi a profité aux ayants droit ? On en doute, ils se plaignent toujours. Est-ce que l'action de la Hadopi a profité à l'offre légale ? On en doute, on la cherche encore.


Le vilain petit canard pirate. Visuel de Jon... in 3D (Flickr).

Est-ce qu'il ne faudrait pas purement et simplement arrêter de vouloir repérer les pirates et concentrer tous ces millions à développer l'offre légale ?

L'ado qui télécharge, et qui n'a pas un sou ne provoque pas une perte de bénéfice. Il ne pourrait de toute façon pas acheter.

Leurs parents, ou les autres adultes qui travaillent aimeraient rester dans les clous. Mais pris à l'unité tout coûte terriblement cher. Un livre numérique est presque au même prix qu'un livre papier, un film en VOD coûte seulement 3 fois moins cher que le film en DVD, alors que dans le premier cas on ne va que le "louer".

Et puis, ne nous leurrons pas, on ne peut pas tout acheter, on n'a pas de budget suffisant, et pourtant l'offre culturelle est démesurée. Les "pirates" sont pour la plupart, de fait, des personnes achetant des produits culturels de façon légale, mais qui en téléchargent aussi illégalement, faute de budget extra-large.

Le monde a bien changé, les échanges vont trop vite : soit on ralentit la frénésie de consommation, et l'industrie culturelle a du souci à se faire, soit on trouve une solution permettant de satisfaire tout le monde.


Sécurisez bien votre connexion internet, sinon gare à vous ! (visuel : Zigazou76 Flickr).

Et c'est pour cela que la licence globale, désavouée, fait son apparition de façon discrète et imparfaite chez de nombreux opérateurs. Dix euros par mois pour écouter non stop sur Spotify toutes les nouveautés, un abonnement mensuel chez Netflix (pas encore en France donc...) pour faire la même chose avec les films.

Se voiler la face et chercher à punir plutôt qu'à développer, c'est un peu le refus du progrès. Surtout quand on n'arrive pas à sanctionner de façon fiable et efficace.

C'est donc plutôt une bonne nouvelle que le budget de la Hadopi soit en baisse. Mais on s'étonne qu'elle ne soit tout simplement pas dissoute.

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