Pourquoi Apple et Facebook ont du souci à se faire

/ Article - écrit par Guillaume (), le 05/10/2012

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Les mastodontes du web semblent invincibles. Quand on considère Microsoft ou Google, on imagine peu les entreprises péricliter de façon rapide. Leur business est bien ancré, efficace, et leur mainmise tellement énorme sur de nombreux secteurs qu'on n'imagine pas qu'ils puissent tomber.

Cependant, d'autres sociétés bien en vue pourraient se faire du mouron. Quand le business model est fragile, qu'il est avant tout centré sur une certaine mode, tout peut basculer, et bien plus rapidement qu'on ne l'imagine.

Facebook

Regardez, Facebook c'est le numéro 1 du réseau social. L'introduction en bourse ne pouvait être qu'un succès d'après tous. Pourtant si les actions étaient à 35 dollars lors de l'introduction, on n'est plus qu'à 22 dollars, après avoir connu une chute vertigineuse sous les 18 dollars.

Il faut dire que les investisseurs sont vraiment déconnectés de la réalité. Facebook c'est quand même un service qui ne fait de l'argent que parce qu'on veut bien lui livrer nos pensées, nos informations personnelles. C'est un effet de mode savamment entretenu, mais seulement un effet de mode. Vous vous souvenez de ce que vous racontiez sur le réseau social à ses débuts ? Comparez avec ce que vous y mettez maintenant. Ça n'a plus rien à voir non ? Ce n'est plus autant personnel, non ?

Les usages se sont établis : Facebook est maintenant un outil de promotion, tout le monde en est conscient. Que ce soit pour promouvoir sa propre personne ou une entreprise, un site, un service, il n'y a plus grand chose de totalement désintéressé sur Facebook. Je poste une photo de mes vacances à New York, je frime, je montre que moi je suis un voyageur. Je mange du foie gras dans un restau gastronomique, idem. Je suis à la plage, j'ai un beau coucher de soleil ? Pas mieux !


Facebook , on aime ! Ou pas...

L'excitation des débuts est retombée. Oui, les réseaux sociaux ont vraiment modifié la façon dont internet est utilisé, mais Facebook n'est plus qu'un outil. Les internautes iront volontiers voir ailleurs si la pelouse est plus verte.

En réalité, peu en ont le courage, mais nombreux sont ceux qui en ont le désir. Il suffit de voir le "bug" Facebook qui tant buzzé sur internet. "Oh, mais on peut voir mes messages privés !". Le bug n'est pas du tout arrivé, il n'a pas existé, et pourtant... il a été largement relayé. C'est-à-dire que tout le monde voulait y croire. Alors même qu'il n'y avait rien à voir à part de mauvaises configurations des utilisateurs.

Comment des utilisateurs d'un service peuvent-ils être aussi rapides à le dénigrer tout en continuant à l'utiliser ? C'est un mystère qui sera peut-être résolu à l'ancienne méthode. Celle de tout quitter. Peut-être que du jour au lendemain tout le monde supprimera son compte et se dirigera ailleurs.

Mais il est bien plus probable que l'intérêt disparaisse progressivement, que les inscriptions reculent, et qu'à défaut de voir les utilisateurs se désinscrire, ils cesseront tout simplement de l'utiliser. Pour aller migrer ailleurs ? Pas si sûr. Un nouveau type de réseau social reste encore à inventer. Un réseau où il n'y aurait pas de marques et où l'on serait véritablement entre amis.

Apple

C'est Apple qui doit commencer à s'inquiéter. Non pas que la firme risque de péricliter. Non, il y a une véritable qualité des produits chez Apple. Mais il y a aussi beaucoup de marketing, et un marketing dans lequel la constance et l’innovation sont des clés.

Or, depuis quelques mois, on ne voit plus grand chose de nouveau chez le géant américain. L'iPhone 5 est sorti, et ça reste un téléphone admirable, mais s'il se vend comme des petits pains, il est bien loin de pouvoir aiguiser toutes les curiosités. Nous sommes déjà nombreux à avoir eu des iPhones des générations précédentes : celui-ci apporte peu à part son écran plus grand... pourquoi serions-nous particulièrement captivés ?


L'Apple Store de la 5e avenue à New York.

L'iPhone fut une véritable révolution en son temps : c'est bien grâce à lui que nous avons tous des smartphones dans nos poches... de même que l'iPod a été un produit extraordinaire quand il sortit. Mais maintenant, on a l'habitude de les voir. On s'est extasié devant l'iPad, en se rendant compte que l'on avait un fort besoin d'un périphérique entre le téléphone et l'ordinateur à la maison, alors qu'on ne l'aurait jamais deviné. Mais maintenant... qu'attendre ?

On dirait qu'Apple se repose sur ses lauriers et n'annonce pas grand chose de nouveau. Les mises à jour, les nouvelles versions se succèdent et on se rapproche de plus en plus de produits "ultimes". Mais la concurrence aussi.
Les derniers smartphone sous Android sont vraiment performants, intéressants et plus abordables. Est-ce qu'on n'irait pas faire des infidélités à la pomme ?

Il suffit que demain un constructeur fasse une réelle innovation avec un produit qualitatif et parvienne à se positionner sur un marché évangéliste, et Apple n'aura plus qu'à subir. On peut en effet largement douter de la capacité de mimétisme de la firme.

Par ailleurs, si Apple fonctionne aussi bien, c'est pour la qualité de ses produits, et sa capacité à faire savoir qu'elle fait de bons produits. L'iPhone sans promotion ne se serait pas bien vendu. L'iPhone sans qualité non plus.

Alors, quand Apple se lance dans des tentatives complètement ratées, comme avec Maps, on peut se demander si les stratèges de la marque se rendent bien compte du danger qu'ils prennent. Si demain nous devenons tous persuadés qu'Apple est une marque comme les autres, on ira tous voir ailleurs, là où c'est bien moins cher.

Tiens, ça me donne envie de conclure en évoquant RIM. Vous savez, ils faisaient des blackberry. Oui, ce téléphone intelligent pour hommes d'affaire. Vous vous souvenez ? Eux, oui. Nous... pas si sûr...


Un blackberry curve. Peut-on être plus has been aujourd'hui ? Peut-être avec un nokia 3310

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