Et si on retournait sur la Lune ?

/ Article - écrit par Hugo Ruher, le 22/01/2018

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On verra bientôt une femme ou un homme poser le pied sur Mars. Cette prophétie à l'origine d'un nombre incalculable d’œuvres de science-fiction est sur le point de devenir vraie. D'ici quelques décennies en tout cas. Mais avant ça, un autre projet pourrait voir le jour: et si on retournait sur la Lune.

La Lune. On a tous en tête ces images de 1969. Neil Armstrong, Buzz Aldrin et Michael Collins arrivant sur le sol lunaire. Le petit pas pour l'homme, le drapeau américain fièrement planté, etc. On y est un peu retourné depuis, la dernière fois c'était en 1972, alors que la course à l'espace entre les américains et les russes tournait clairement en faveur de l'Oncle Sam. Et depuis, rien. Comme si on connaissait déjà tout de notre satellite. Mais alors pourquoi cette question revient sur le devant de la scène? Et bien même si clairement, la Lune n'a plus rien à nous apprendre, elle peut encore être utile pour les projets à venir.


De la Lune, on entend mieux les étoiles


C'est une idée qui fait son chemin: se poser sur la face cachée de la Lune pour installer un radiotéléscope. Ca fait une dizaine d'années que la NASA bosse dessus. Et pour cause, comme la face cachée de la Lune nous est toujours masquée, elle ne reçoit pas les ondes radios qui viennent de la Terre. On pourra donc capter les signaux spatiaux bien plus facilement sans risquer des interférences. Il reste encore quelques petits soucis tout de même comme celui de la poussière et des éruptions solaires, mais rien d'insurmontable.

Par ailleurs, à tous les amateurs de fantasmes sur des secrets cachés sur cette face, comme par exemple, des épaves de Transformers... Sachez que la face cachée de la Lune n'a jamais été explorée certes, mais déjà photographiée par des sondes spatiales. Et on y trouve à peu près la même chose que sur l'autre côté: rien.


Une jolie face cachée certes, mais pas de Transformers.

 

Une première étape vers Mars

Mais à tous les amoureux de la planète rouge, pas d'inquiétude. Aller sur la Lune ne veut pas dire qu'on laisse Mars de côté. C'est vrai que côté budget, un voyage vers Mars paraît bien ambitieux et notre satellite est un objectif plus raisonnable... Mais il faut voir ça comme un élan avant de mieux se lancer. Littéralement. La Lune serait un tremplin vers Mars pour reprendre la formule de Francis Rocard, responsable au CNES. C'est à dire qu'avant de se poser sur Mars, il y a quelques petites choses qu'on ne maîtrise pas tout à fait. Par exemple, se poser sans encombre, et pas besoin d'être un expert pour comprendre que c'est un peu important.

La Lune pourrait également servir de base de lancement. Un point sans atmosphère pour nous ralentir pour installer un lanceur avant de partir au loin. Mais aussi, et c'est un grand fantasme: installer des bases lunaires. On le voit tellement dans des films ou des livres de science-fiction que ça paraît banal. Mais créer un lieu où respirer, vivre, voire être autonome... Et bien ça on ne sait pas tout à fait comment faire. Donc, avant de partir à 70 millions de kilomètres, autant essayer un peu plus près de chez nous. En cas de pépin, ce sera bien plus facile pour rapatrier tout ce beau monde sur Terre. Des projets de ce type, portés par l'Europe sont en cours. La Russie pourrait collaborer là-dessus.


Pour l'instant, on peut faire des bases lunaires sur Terre mais ça a moins d'allure.

 

Et la politique dans tout ça?

Parce que oui, on a beau lancer des projets, imaginer des communautés scientifiques soudées et désintéressées... Et bien ce n'est pas vraiment le cas. Si la conquête spatiale a subi un tel bond dans les années 50 à 70, c'est avant tout grâce à la guerre froide. En pleine bataille de "qui qu'a la plus grosse", les Etats-Unis et la Russie ont balancé des billets et des billets pour être les premiers. D'abord pour envoyer un satellite, puis un homme dans l'espace. Puis pour se poser sur la Lune, etc.

Et aujourd'hui, la volonté politique est moins forte, on entend davantage des mots comme "austérité" et "précarité"... Pas forcément la meilleure ambiance pour se lancer là-dedans. Mais malgré tout, d'autres pays qui se sont montrés jusque-là discrets dans le monde très polarisé de la conquête spatiale, pourraient rentrer en jeu. C'est le cas de la Chine qui a déjà envoyé un robot en 2013 et qui voudraient réitérer l'expérience avec un humain. L'Inde et le Japon travaillent également dessus. Avec des motivations bien plus politiques que scientifiques.


Un ticket pour l'espace

Et en parlant de gros coup de com', évoquons le cas SpaceX. L'entreprise de la star Elon Musk se positionne en pionnière du tourisme spatial. Imaginez cette révolution: on n'enverrait pas des astronautes mais des millionnaires dans l'espace. L'entreprise prévoit un lancement en 2018 avec deux anonymes à bord. Il ne manque plus qu'une base lunaire pour que ces touristes puissent se poser sur la Lune et bénéficier d'une vue unique sur notre Monde. C'est bien beau tout ça, mais selon certains scientifiques du CNRS, ça paraît bien optimiste de parler de 2018. Et les touristes, même sans partir pour des missions d'astronautes, devront subir une bonne préparation physique et mentale pour être sûr que tout se déroule bien.

Dans tous les cas, ce n'est pas demain qu'on les verra sur la Lune. Et par ailleurs, si aller dans l'espace vous tente, et bien sachez que vous pouvez. Presque. Enfin non pas vraiment mais bon... A Bordeaux, la société Novespace propose des vols 0g. vous êtes dans un avion qui fait des paraboles et vous place pendant quelques secondes en 0 gravité. Comme dans la Station Spatiale Internationale. Et ça ne coûte """""que""""" 6000 euros.


Au centre, Jean-François Clervoy. Ancien astronaute et directeur de Novespace.

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