Des trous noirs plus vieux que le Big Bang ?
Des trous noirs plus vieux que l’univers lui-même : voilà ce que propose très sérieusement une équipe de cosmologistes menée par Enrique Gaztañaga, de l’université de Portsmouth, dans une étude tout juste parue dans la revue Physical Review D.
Dans ce modèle, le Big Bang ne serait pas un début absolu. Avant lui, un immense nuage de matière se serait contracté sous son propre poids, comprimé, puis serait reparti dans l’autre sens, comme une balle qui touche le sol et rebondit. Pas de naissance à partir de rien : un rebond.
Le calcul de l’équipe : tout objet compact de plus de 90 mètres (un grand immeuble) aurait pu traverser ce rebond sans être broyé. Des trous noirs formés de l’autre côté rôderaient donc encore parmi nous. Des fossiles cosmiques, en somme (à côté, les dinosaures font figure de nouveautés).
Mieux : ces rescapés pourraient constituer une partie, voire la totalité, de la matière noire, cette masse invisible qui pèse cinq fois plus lourd que tout ce que l’on voit. Excusez du peu. L’hypothèse laisserait d’ailleurs des traces vérifiables : des ondes gravitationnelles reliques, d’infimes motifs dans la toute première lumière de l’univers.
Un modèle n’est pas une preuve, et celui-ci bouscule pas mal de monde. Restons sceptiques... en attendant que les détecteurs tranchent.





