Biographie de Claudie Haigneré
De l’hôpital Cochin à la station Mir, du gouvernement au projet de village lunaire, Claudie Haigneré a été de toutes les aventures de la science française. Première Française dans l’espace en 1996, elle reste le modèle revendiqué de la génération qui s’envole aujourd’hui.
Claudie Haigneré, née Claudie André le 13 mai 1957 au Creusot, en Saône-et-Loire, est une astronaute, médecin et femme politique française. Le 17 août 1996, à bord du vaisseau Soyouz TM-24, elle est devenue la première Française dans l’espace ; cinq ans plus tard, elle était aussi la première Européenne à séjourner à bord de la Station spatiale internationale.
Bachelière à quinze ans, docteure en médecine, rhumatologue passée par la médecine aéronautique et spatiale, elle exerce huit ans à l’hôpital Cochin, à Paris, et soutient en 1992 un doctorat de neurosciences. En septembre 1985, le CNES la sélectionne parmi un millier de candidats : elle est la seule femme des sept retenus, aux côtés notamment de Jean-Pierre Haigneré, qu’elle épousera en 2001. Doublure de ce dernier pour la mission Altaïr en 1993 puis pour Perseus en 1999, elle coordonne entre-temps, depuis le sol, les expériences de physiologie des missions franco-russes.
Le 17 août 1996, elle s’envole de Baïkonour pour la mission Cassiopée : seize jours à bord de la station Mir, remplis d’expériences médicales, techniques et biologiques, dont le suivi d’embryons de tritons pleurodèles qui pondront en apesanteur. Qualifiée en 1999 commandante de bord pour le vol de retour d’une capsule Soyouz, une première mondiale pour une femme, elle intègre la même année le corps européen des astronautes de l’ESA. Le 21 octobre 2001, elle repart, vers la Station spatiale internationale cette fois : la mission Andromède, un vol « taxi » chargé de remplacer le vaisseau de secours de la station, dont elle est l’ingénieure de bord. Un peu plus de vingt-cinq jours dans l’espace en deux missions ; entraînée aux sorties extravéhiculaires, elle n’aura jamais l’occasion d’en effectuer une.
En juin 2002, le gouvernement Raffarin l’appelle : ministre déléguée à la Recherche et aux Nouvelles Technologies, puis aux Affaires européennes de 2004 à 2005, elle est la première astronaute française entrée au gouvernement. Suivent quinze ans au service de la culture scientifique : conseillère du directeur général de l’ESA à partir de 2005, présidente d’Universcience, qui réunit la Cité des sciences et de l’industrie et le Palais de la découverte, de 2010 à 2015, puis de nouveau l’ESA, où elle défend le projet de « village lunaire », une base internationale ouverte sur la Lune.
Membre de l’Académie des technologies, grand officier de la Légion d’honneur (2011) et grand-croix de l’Ordre national du Mérite (2023), elle a donné son nom à de nombreux établissements scolaires. Le 18 août 2026, au lendemain des trente ans de son premier envol, Sophie Adenot, dont elle a préfacé la biographie, est devenue la première Française à sortir dans l’espace : Claudie Haigneré a aussitôt salué « une inspiration pour cette jeune génération ».
Photo : Wikinade, 2014 (CC BY-SA 3.0).





