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Éclipse de Soleil le 12 août : sortez les lunettes

Mercredi 12 août en début de soirée, la Lune masquera jusqu’à 99,5 % du Soleil selon où l’on vit en France. On n’avait plus eu droit à un tel spectacle depuis 1999…

  • Mercredi 12 août, de 19h20 à 21h10 environ ; maximum vers 20h20.
  • De 60 à 99,5 % du Soleil masqué selon les régions, le Sud-Ouest le mieux servi.
  • Éclipse totale en Islande et dans le nord de l’Espagne.
  • Lunettes spéciales norme ISO 12312-2 obligatoires, du début à la fin.

Mercredi 12 août, en tout début de soirée, la Lune va glisser devant le Soleil et en masquer une belle part : jusqu’à 99,5 % à Biarritz, 92 % à Paris, un peu moins vers l’est. Le spectacle commencera vers 19h20-19h30 selon les régions, culminera autour de 20h20 et s’achèvera vers 21h10, Soleil déjà bas sur l’horizon ouest. Une éclipse partielle, donc, mais d’une ampleur que la France n’a plus connue depuis 1999. L’Islande et le nord de l’Espagne, eux, auront droit à la totale : la nuit en plein jour pendant près de deux minutes.

La dernière fois, c’était le 11 août 1999, vingt-sept ans et un jour plus tôt. Ce jour-là, la bande de totalité traversait le pays de la Normandie à l’Alsace ; tout le monde s’était retrouvé dehors, lunettes en carton sur le nez, à guetter une trouée entre les nuages. Beaucoup n’ont d’ailleurs vu que ça, les nuages. On remet ça mercredi 12 août, en un peu moins spectaculaire et à une heure plus commode : en fin de journée plutôt qu’en plein midi.

Le tour de passe-passe tient en une coïncidence : le Soleil est environ 400 fois plus large que la Lune, mais il se trouve aussi à peu près 400 fois plus loin. Résultat ? Vus d’ici, les deux font quasiment la même taille dans le ciel. C’est le coup du pouce tendu à bout de bras : minuscule, mais il suffit à masquer le lampadaire du bout de la rue. Encore faut-il viser juste. L’orbite de la Lune étant un peu inclinée, elle passe presque toujours un poil au-dessus ou en dessous du Soleil. Mercredi, elle passera pile devant.

Reste à savoir à quoi ça ressemblera. Fera-t-il nuit noire ? Pas tout à fait. Même réduit à un fin croissant, le Soleil éclaire encore étonnamment fort. Mais la lumière va prendre un drôle d’air de crépuscule en avance, et il devrait faire sensiblement plus frais. Prévoyez surtout un horizon ouest bien dégagé : tout cela se jouera assez bas au-dessus des toits. Les oiseaux, paraît-il, s’y trompent.

Faut-il des lunettes pour regarder ça ? Oui, du début à la fin. Même à 99 %, le croissant restant suffit à brûler la rétine, sans douleur et sans retour. Ni lunettes de soleil, ni verre fumé, ni vieille radiographie (le grand classique de 1999) : seules les lunettes spéciales estampillées ISO 12312-2 (c’est écrit sur la branche) font l’affaire, pour quelques euros chez les opticiens, en pharmacie ou auprès des clubs d’astronomie. Quant à celles de 1999 qui dorment au fond d’un tiroir : les filtres vieillissent mal, poubelle.

Et si vous êtes pris de court mercredi, ne bricolez rien : partout en France, des clubs et des associations ouvrent leurs instruments au public, filtres compris, et l’Association française d’astronomie en tient la carte. L’Île-de-France, elle, distribuera des lunettes gratuitement dans six de ses îles de loisirs.

Les plus mordus feront leurs valises : Bilbao et Saragosse sont en pleine bande de totalité, à une heure et demie de route de Biarritz, et les hébergements partent vite. Pour les autres, le lot de consolation est plus que correct : une quasi-nuit à 20h20, puis, la même nuit, le pic des Perséides dont je vous parlais il y a trois semaines : double programme, un seul transat. (Pour la bande-son de la soirée, on a ce qu’il faut aussi.) La prochaine éclipse totale visible depuis la métropole attendra, elle, 2081. Ouch. Vingt-sept ans après, revoilà donc le pays le nez en l’air. Et vous, vous serez où, mercredi à 20h20 ?

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