Biographie de Andrej Karpathy
Il a donné son mot à l’époque, le « vibe coding », élu mot de l’année 2025 par le dictionnaire Collins. Membre fondateur d’OpenAI, patron de l’IA de Tesla, Andrej Karpathy est surtout le professeur qui a formé une génération entière en reconstruisant tout, à la main, devant sa caméra.
Andrej Karpathy, né le 23 octobre 1986 à Bratislava, est un informaticien slovaco-canadien, l’un des pédagogues les plus influents de l’apprentissage profond. Membre fondateur d’OpenAI, directeur de l’intelligence artificielle de Tesla pendant cinq ans, il a rejoint Anthropic en mai 2026.
Arrivé au Canada à quinze ans, diplômé de Toronto en informatique et en physique, il soutient en 2015 à Stanford une thèse dirigée par Fei-Fei Li sur la jonction entre images et langage : apprendre aux machines à décrire ce qu’elles voient. La même année, il conçoit et enseigne le premier cours de Stanford consacré aux réseaux de neurones pour la vision, qui passe de cent cinquante à sept cent cinquante étudiants en deux ans et devient la référence mondiale du domaine.
Sa carrière suit ensuite les lignes de faille du secteur : membre fondateur d’OpenAI fin 2015, il part en 2017 diriger l’IA de Tesla, où il travaille cinq ans sur la conduite autonome, revient chez OpenAI en 2023, puis fonde en 2024 Eureka Labs, une école d’un genre nouveau. Car son vrai sujet est là. Sa devise tient en une phrase : ce qu’il ne sait pas reconstruire, il ne le comprend pas. Il a donc réécrit à la main, en public et en quelques centaines de lignes lisibles, tout ce que l’industrie enveloppe dans des bibliothèques opaques : un moteur de dérivation en cent lignes, un GPT-2 complet, un ChatGPT minimal, et jusqu’à un modèle de langage entier en deux cents lignes de Python sans la moindre dépendance, publié début 2026.
Ses formules ont fait le reste. En 2017, il décrit un « logiciel 2.0 » où les programmes ne s’écrivent plus mais s’entraînent, les données devenant le code source et les poids du réseau le binaire. En février 2025, il lance sur les réseaux sociaux l’expression « vibe coding », programmer en décrivant à l’IA ce qu’on veut sans regarder le code produit : le dictionnaire Collins en fera son mot de l’année.
Cette influence ne le range pas chez les enthousiastes. À l’automne 2025, il a expliqué longuement pourquoi l’intelligence artificielle générale lui semblait encore à une décennie, pourquoi les agents actuels ne tiennent pas leurs promesses, et pourquoi son expérience chez Tesla lui a appris qu’entre une démonstration et un produit fiable, il reste toujours neuf à ajouter derrière la virgule. Sa première chaîne vidéo, ouverte en 2006, n’enseignait pas les réseaux de neurones mais la résolution rapide du Rubik’s Cube.
Photo : capture d’une conférence, 2019 (CC BY 3.0).





