Biographie de Cédric Villani
Lavallière et broche en forme d’araignée, il est le mathématicien le plus reconnaissable de France, médaille Fields 2010 et député pendant cinq ans. Son rapport de 2018 reste le texte qui a donné à la France sa politique d’intelligence artificielle.
Cédric Villani, né le 5 octobre 1973 à Brive-la-Gaillarde, est un mathématicien français, médaille Fields 2010. Ancien directeur de l’Institut Henri-Poincaré et ancien député de l’Essonne, il est l’auteur du rapport « Donner un sens à l’intelligence artificielle », remis au gouvernement en mars 2018, qui a fondé la stratégie française en la matière.
Fils de deux professeurs de lettres, passé par Louis-le-Grand puis l’École normale supérieure, agrégé de mathématiques à vingt et un ans, il soutient en 1998 une thèse dirigée par Pierre-Louis Lions. Ses travaux portent sur des équations qui décrivent le désordre : comment un gaz évolue vers son équilibre, pourquoi certaines oscillations d’un plasma s’éteignent sans rien dissiper. C’est pour la démonstration de ce dernier phénomène, l’amortissement Landau, resté cinquante ans à l’état de conjecture, et pour ses résultats sur l’équation de Boltzmann, que le jury lui décerne la médaille Fields le 19 août 2010, à Hyderabad. Son autre grand domaine, le transport optimal, sur lequel il a écrit les traités de référence, lui vaudra un prix distinct quatre ans plus tard.
Le prix change sa vie : il cesse à peu près de chercher pour se consacrer à la transmission. Il dirige l’Institut Henri-Poincaré, écrit Théorème vivant, récit de la fabrication d’un théorème, puis deux bandes dessinées avec Edmond Baudoin, dont Les Rêveurs lunaires, portraits de quatre savants happés par la guerre.
Élu député en 2017 dans la majorité présidentielle, il préside l’office parlementaire d’évaluation des choix scientifiques et technologiques et reçoit une mission de six mois sur l’intelligence artificielle. Son rapport, remis le 28 mars 2018 après trois cents auditions, fixe quatre priorités, la santé, les transports, l’environnement et la défense, et propose un réseau d’instituts interdisciplinaires ainsi qu’un cadre éthique. Il donnera la stratégie nationale et son milliard et demi d’euros. La Cour des comptes en a dressé deux bilans contrastés : la France a évité le décrochage scientifique et grimpé au cinquième rang mondial, mais l’IA peine toujours à irriguer l’économie réelle et les services publics.
Exclu de son parti en 2020 après une candidature dissidente à Paris, passé à l’écologie politique, il perd son siège en juin 2022 de dix-neuf voix. Il préside depuis 2024 la Fondation de l’écologie politique, enseigne les équations aux dérivées partielles à l’université de Rennes, tient une chronique dans la presse et a publié fin 2025 des Leçons de mathématique joyeuse. Une espèce d’araignée porte son nom depuis 2020, en hommage à la broche qu’il arbore depuis ses vingt ans.





